Tribune mars/avril 2026 – Magazine Notre agglopôle
Les mesures en faveur des conchyliculteurs sont une prise de conscience réelle. La filière traverse une crise profonde et nous devons agir. Pour assurer l’avenir, deux actions prioritaires s’imposent : accélérer les projets de mise à l’abri des coquillages et sécuriser des espaces fonciers près des zones de production. La protection de la lagune c’est la survie de la filière.
En 4 ans, 3 crises sanitaires ont eu lieu. La cause ? le système d’assainissement défaillant, pas les huitres. À Sète, le réseau unitaire déverse des milliers de m³ d’eaux polluées dans la lagune dès 24 mm de pluie. La cause ? l’urbanisation massive et l’imperméabilisation. Malgré des avancées, comme la nouvelle STEP, négliger la rénovation des réseaux c’est risquer des crises graves à répétition : menaces sur la santé publique, précarisation de la filière, méfiance des consommateurs et dégradation de l’image du territoire.
13 M€ prévus pour moderniser l’assainissement à Sète c’est à saluer, mais l’urgence impose le gel temporaire des projets d’urbanisation pour réaliser des études approfondies sur la capacité des réseaux, de la STEP et adapter l’action à la réalité technique. Par ailleurs, les 3M€ d’aides restent en deçà des pertes subies et les jeunes entreprises, très fragiles, méritent un soutien proportionnel aux pertes.
La gestion de l’assainissement et de l’urbanisation manque de transparence au regard des enjeux de santé publique, de l’économie locale (zones de pêche déclassées), de la culture et l’attractivité du territoire. Le Comité de Lagune aura un rôle clé pour analyser, éclairer et proposer des décisions et actions fondées sur des faits. Pour la filière, c’est une épreuve économique, pour les consommateurs, une question de confiance et pour le territoire, un défi de résilience. Notre action doit se décliner sur la transparence et une expertise indépendante pour des choix éclairés, la priorité à la rénovation des réseaux et un frein à l’urbanisation le temps des études. La survie de la lagune est un bien commun et d’avenir.

